catherine-consul

Il paraît que le bonheur est dans le prés… moi, je l’ai trouvé dans les vignes !

Catherine, viticultrice, suffisamment jeune pour gonfler le rang des jeunes agriculteurs, assez de «bouteille» pour se sentir expérimentée dans son domaine. Seule pour exploiter 10 hectares de vignes en Entre-Deux-Mers, mère de deux jeunes enfants. Permis de tracteur et permis de taille, pas mal pour une femme.

Enfant, je rêvais d’être chercheuse, d’étudier la flore et la faune.

J’ai donc entamé de longues études. Et c’est pendant mon stage de validation de D.E.A d’oenologie-ampélologie à l’I.N.R.A. de Bordeaux que j’ai compris que ce n’était pas l’étude de la vigne en éprouvette qui m’intéressait mais vivre la vigne sur le terrain. Plutôt que souris de laboratoire, j’ai préféré devenir souris des champs. Les bottes bien ancrées dans la terre ferme et la réalité, la tête dans les airs avec les grues passant au dessus de moi. Et dans quels champs ? Champs de vignes, évidement, pour exploiter ce que notre terroir produit de mieux.

catherineTrès vite, je me suis rendue compte que ce milieu était machiste :

On m’a observée, on m’a jugée, on a remis en cause ma capacité à gérer seule une exploitation agricole. Mais ni ce septicisme professionnel environnant , ni les critiques négatives ne m’auraient arrêtée, même si les débuts n’ont pas été simples, j’étais déterminée. Ma perséverance m’a permis de doubler ma surface viticole.

Et depuis 10 ans que je suis installée, je n’ai jamais regretté ce choix :

c’est un privilège de faire un métier que j’aime et d’y trouver toujours du plaisir. Chaque stade de la vigne amène ses contraintes et ses joies. Rien n’est figé.

On boit du vin depuis la nuit des temps et on en boira tant que la terre tournera. Les techniques de travail ont évolué sans cesse et je participe à ce grand mouvement qui vise la perfectibilité :

  • traiter raisonnablement pour obtenir un raisin exempt de maladie tout en préservant au mieux notre environnement,
  • entretenir le paysage que nos ancêtres ont façonné et nous ont transmis.

J’apprécie de toucher à tout (au sens propre comme au sens figuré) :

À ma vigne, à ma terre comme à mes machines ou bien mettre le  nez dans la paperasse. Cela me permet de varier les plaisirs comme les difficultés.
Ce que j’aime par dessus tout c’est être autonome, indépendante (dans les limites qui me sont imposées), avoir ce sentiment de liberté par rapport à mes choix, à mon emploi du temps… La sollitude dans mon travail ne pèse pas, j’aime le silence, le changement au fil des saisons, au fil du temps, mais j’apprécie aussi de sortir de ma «planète vigne», c’est pour cela que je me suis engagée au niveau de ma commune en tant que conseillère municipale depuis deux mandats.
Ce métier nous rend humble, nous sommes grandemant tributaires du climat qui peut valoriser une récolte mais aussi anéantir une année de travail. On y apprend aussi la patience : s’adapter et composer avec dame Nature.

Pendant les premières années, j’ai vinifié ma récolte.

Mon mari est oenologue et pouvait m’aider par ses conseils. Je travaille seule et malgré une bonne organisation et ma bonne volonté, le temps n’est pas extensible. Faire du vin et le commercaliser sont d’autres métiers à plein temps. Mais surtout je souhaitais  fonder une famille et avoir du temps à lui consacrer. Je me suis tournée naturellement vers une cave coopérative. Celle de Sauveterre de Guyenne n’était pas la plus proche mais la plus compétente à mes yeux. Mon raisin bénéficie ainsi de structures et de technologies ultra-performantes et toute une équipe est à pied d’oeuvre pour livrer et promouvoir le meilleur millésime.

La cave coopérative nous pousse toujours plus loin dans la qualité et ce à travers un cahier des charges exigeant

(le mode de conduite, la taille, le rendement, l’état sanitaire du raisin et du feuillage…et bien d’autres points sont notés par nos techniciens, classant ainsi nos parcelles en différents contrats allant du «hors contrat» au «contrat qualité plus». Nous sommes donc rémunérés en fonction de l’attention que nous portons à notre vignoble et de la qualité de notre récolte. La conjoncture actuelle fait que nos efforts ne pas encore payés à leur juste valeur. Ces sacrifices sont consentis dans un esprit mutualiste avec l’espoir d’une reconnaissance financière ultérieure.

Aujourd’hui, ma vie correspond à ce que j’en attendais, tout n’est pas parfait  dans le meilleur des mondes

Mais je sais reconnaître que la qualité de vie est au rendez-vous. Si je devais la noter à travers ma grille d’évaluation et mon cahier des exigences ,ma parcelle de vie serait, sans aucun doute classée en contrat « qualité plus ».
J’espère transmettre à mes filles, non pas un patrimoine terrien mais un patrimoine moral : le respect de la Terre.
Il parait que le bonheur est dans les prés… moi, je l’ai trouvé dans les vignes.

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